Alquier Alain

L'artiste : Alain Alquier, vit et travaille dans le Gers.
De par son métier, a longuement photographié la vigne à titre documentaire.
Belle photo, informative, bien cadrée, répondant à l'exigence d'un document. Mais du jour où il a recherché le "sujet", le cep de vigne s'est, comme une évidence, substitué aux verticales des "Romanes" (travail précédent).
Ce végétal s'enracine profondément dans le sol, et s'élève, droit d'abord, plus tard, en se contorsionnant. Il subit à un rythme effréné les assauts de l'homme qui le plie à son désir. Il est mutilé, corrigé, contraint, assujetti, afin de donner le meilleur de lui-même.

La vigne "martyr" s'épanouit, travaillée par l'homme qui transcende sa vie en un nectar diabolique. Ne peut-on voir là, la métaphore de la vie humaine ?
Si au départ l'idée du cep est évidente, la peinture prend vite le dessus et dépasse le sujet. L'image figurative devient aussitôt une abstraction mentale dans laquelle chacun choisit celle qui convient à sa vie, à ses croyances, à ses interrogations. Certains veulent voir des crucifixions, des descentes de croix, d'autres des danses effrénées, ou des luttes corps à corps. A la sérénité des "Romanes", à leur verticalité sereine et calme, succède le mouvement douloureux de ces "Bois de vie" tourmentés et fébriles.

Même si le propos est différent, on comprend qu'il y a bien continuité entre les deux séries et même une exacte complémentarité : si la première traduit une aspiration à être, la seconde fait le constat de ce qui est. La quête d'une certaine paix intérieure passe par un combat quotidien. C'est le côté Janus de l'artiste dont les deux masques forment sa véritable personnalité.

Contact : alquier.alain.free.fr
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